actions sociales/rencontre

Le Polder : naissance d’un café citoyen et solidaire

Entretien avec Didier Le Pallac et Maxime Giusti, à l’initiative d’un projet de café citoyen et solidaire, « Le Polder », dans la ville d’Hellemmes (Nord-Pas-de-Calais).

Didier et Maxime ont fait connaissance à Valenciennes, alors que tous deux suivaient une formation en économie sociale et solidaire. Ce projet est le fruit de leur rencontre.

Comme son nom l’indique – un polder est une étendue artificielle de terre gagnée sur l’eau -, le Polder a pour ambition de créer un espace de rencontres et de solidarité(s) « dans un contexte peu porteur de ces approches ». Il s’agit en effet de développer un véritable « projet d’économie solidaire avec tous et pour tous » dans une région qui souffre, comme dans bien d’autres régions de France, du chômage et de la montée de l’extrême-droite.

Pas de rôles particulièrement définis pour nos deux collègues : « le montage du projet est simplement réfléchi et construit ensemble ».

Des essais prometteurs

Trois «polders éphémères » , d’une durée d’une journée, ont été organisés depuis le début du projet. Un test pour les créateurs, mais aussi une façon pour le public de s’en faire une idée.

Très rapidement des hellemmois se sont mobilisés autour du projet. Maxime et Didier ont bien sûr fait appel à leurs réseaux, tant personnels que professionnels. L’engagement de Didier dans plusieurs associations à Hellemmes, par exemple, a facilité le développement des contacts. Mais une première opération de communication avec les publics, sur le marché de la commune, a également permis de sensibiliser près de 70 personnes.

Après un premier coup d’essai à Lille, le deuxième événement comptait déjà près de 350 participants. Maxime et Didier avaient programmé un rendez-vous à destination des familles : goûter et lectures pour les enfants, rencontre avec une femme politique pour les adultes – la sénatrice du Nord et membre du groupe écologiste Marie-Christine Blandin avait effectivement accepté de participer au rassemblement. Le tout dans une ambiance festive et chaleureuse ;la journée s’était d’ailleurs conclue par un repas autour de produits bio et locaux.

Le troisième mini-polder a également été un succès. Il a rassemblé près de 200 personnes et a été l’occasion d’une rencontre autour de la question des friches industrielles. Cette question est en effet assez cruciale pour la région : 50% des friches de toute la France sont concentrées dans le Nord-Pas-de-Calais. Autant d’espaces à reconquérir par, et pour les citoyens. Ce troisième essai a permis un réel débat avec les partenaires institutionnels. Le maire d’Hellemmes, Frédéric Marchand (socialiste), ainsi que plusieurs personnes en charge des questions d’environnement et des projets d’aménagements à la région, étaient présents.

Ces rencontres doivent surtout permettre aux participants de Polder – citoyens du café solidaire en devenir – de s’approprier les thèmes des débats et ce, sans barrière, sans contrainte. Didier et Maxime souhaitent ainsi leur accorder un moment et un lieu pour poser des questions et trouver, si ce n’est des réponses, au moins des pistes, qui puissent leur donner l’envie de s’engager dans une démarche citoyenne et solidaire. Pour les deux collègues, les publics doivent se réapproprier la question économique et sociale. Et l’aspect collégial est très important. « On travaille de manière commune. On ne fait pas à la place des gens, mais avec eux ».

Depuis le début du projet, toutes les rencontres se sont déroulées dans des espaces publics : à chaque fois, la mairie d’Hellemmes a effectivement permis aux participants du Polder d’investir les lieux – notamment l’Espace des Acacias, l’une des salles municipales de la commune.

Questions pratiques : quel(s) mode(s) de financement, quel statut ?

Un financement fondé sur trois modes : 

* marchand (café, avec utilisation de produits locaux et bio) 

public (aides financières apportées par la métropole Lilloise, la région, la ville) – toutefois le but, à terme, est de trouver une stabilité financière en dehors de ces subventions, afin de garantir une totale indépendance et autonomie au Polder. 

* participatif : près de 30 personnes s'investissent dans le projet via l'association "Les amis du Polder". Un financement participatif est également en cours avec la plateforme régionale de crowd-funding "My Money Help" .

Une société coopérative d'intérêt collectif :

Le Polder a le statut de Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). L'idée est de permettre le rassemblement de personnes et/ou d'organisations de divers horizons qui portent un intérêt particulier pour le projet. La société compte pour l'instant 80 inscrits, parmi lesquels des associations, des fournisseurs, des fondateurs, des consommateurs, des institutions.

Peu de difficultés rencontrées

Les obstacles au bon développement du projet ont surtout été d’ordre administratif : le calendrier opérationnel du Polder n’est effectivement pas toujours en adéquation avec les temps administratifs des différents partenaires. Les délais pour les demandes de subvention, par exemple, sont plutôt longs. Cela suppose donc une grande capacité d’anticipation !

L’aspect collaboratif, également, a parfois ses contraintes. Le choix d’une dynamique participative nécessite en effet de laisser un espace d’expression – en quelque sorte «un espace de pouvoir» -, à chacun. « Travailler à deux ou à 80, ce n’est pas la même chose. »  Et le Polder rassemble une grande diversité de points de vue. Pour Maxime et Didier, ce n’est donc pas toujours facile de concilier les motivations de l’ensemble des membres. Mais il faut continuer d’avancer et garder à l’esprit l’objectif du projet: la mise en place d’un véritable pôle de développement local au service d’une économie solidaire.

« Les amis du 118 » : un soutien très apprécié

Les deux collègues ont particulièrement apprécié l’accueil que « Les amis du 118 » leur ont réservé, dès le lancement du projet : « Ils ont mis à notre disposition des moyens matériels précieux pour le développement du Polder». « Les amis du 118 » leur ont également permis de faire des rencontres particulièrement intéressantes pour le projet.

« Les amis du 118 » est une association qui lutte pour préserver le patrimoine historique et culturel de la maison des prêtres-ouvriers dominicains d’Hellemmes, très investis dans les activités locales de la ville à l’époque et ce, dans un réel esprit de solidarité.

Amis lecteurs de Journalter, si vous passez dans la région d’Hellemmes prochainement, sachez que Maxime et Didier envisagent d’y organiser des chantiers collectifs sur la période estivale ! 

Marion


Pour en savoir plus :

Lien vers la Page Facebook du projet.

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