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Relier: soutenir les initiatives en milieu rural

«Association nationale d’éducation populaire née en 1984, RELIER contribue à créer et animer des lieux d’échange et de mise en réseau des personnes qui, toutes professions confondues, font le choix de s’installer en milieu rural.»

Souhaitant en savoir davantage sur cette association, Journalter a pris contact avec Raphaël Jourjon, coordinateur de RELIER.

Comment est née l’association ?

L’association RELIER est un mouvement d’éducation populaire issu du réseau Peuple et Culture. Dès la fin des années 70, un groupe actif constitué de paysans se réunit autour des questions d’ « éducation agricole » (réflexions sur l’activité d’agriculteur et sur la production agricole, la place dans la société, échanges sur les pratiques…). Cette initiative donne très vite naissance à un véritable groupe de travail, associant praticiens et chercheurs. Depuis le champ d’action s’est élargi à d’autres domaines (foncier, forêt, habitat, culture…) mais l’idée fondamentale est restée : la mise en relation d’acteurs autour d’un projet, d’un objectif communs. 

Quelles sont, plus précisément, les personnes concernées ? 

RELIER touche un public de personnes qui rencontrent des difficultés à lancer une activité en milieu rural, quelle qu’elle soit. L’association intervient pour faire le lien avec des professionnels et des experts des domaines concernés, mais aussi avec des pairs (retours d’expériences, échanges pour s’entraider et apporter des solutions concrètes).

Avec un groupe réunissant dix à quinze personnes autour d’une même préoccupation, RELIER organise ainsi des rencontres inter-régionales dans toute la France – le lieu de la rencontre est choisi en fonction des interlocuteurs et des partenaires mobilisés. Ces manifestations rassemblent environ 80 à 100 personnes. Elles mêlent expériences concrètes et interventions politiques ou réflexives sur ces situations rurales particulières. 

Par exemple, la rencontre qui s’est tenue en 2015 dans la Drôme a été l’occasion pour ses participants d’assister à la conférence gesticulée d’un élu d’une petite commune rurale, Nicolas Debray. Ce type d’interventions permet de prendre du recul sur le rôle et la capacité d’un élu dans un territoire rural.

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Rencontres 2015 à Saillans, dans la Drôme « 30 ans d’alternatives rurales : histoires, paradoxes et perspectives ». Crédits photo : Stéphanie Brault

Comment sont financées ces manifestations ?

Jusque dans les années 2000, RELIER bénéficiait d’une enveloppe « animation rurale » fournie par le Ministère de l’agriculture. Mais depuis quelques années, le financement fonctionne plutôt en « mode projet », sur deux à trois ans. Les sources proviennent pour les deux tiers du privé (fondation Abbé Pierre, par exemple) et pour le dernier tiers du public – au niveau régional, national, parfois européen (exemple du programme FEDER pour l’aménagement du territoire). Il y a une petite part d’auto-financement qui provient essentiellement de la documentation, des adhésions et des interventions proposées aux usagers.

Vous parlez de documentation : RELIER met-elle à la disposition de son public un centre de ressources ?

Non, pas à proprement parler. Depuis ses débuts, l’association a réuni un certain nombre de documents et d’outils sur les initiatives rurales et ses domaines d’action, grâce à un travail de veille régulier. Cette documentation est stockée dans des cartons ou sur des disques que nous conservons à St Affrique (12), où se trouve notre local. Cependant la question de la mise en place d’un centre de ressources pour valoriser l’ensemble de cette documentation se pose aujourd’hui, ainsi que la création d’un blog et d’outils de médiation pour en assurer la communication et la diffusion. En attendant, RELIER met tout de même à disposition de son public quelques-unes de ses publications sur son site internet (actes de rencontres, guides, recueil d’expériences…) et diffuse de la documentation au fil de ses rencontres.

RELIER s’est également rapprochée depuis quelques temps de Transrural initiatives, revue mensuelle participative et indépendante sur l’initiative en milieu rural. Il faut mutualiser nos forces !

Vous disposez donc d’un local à St Affrique. L’association a-t-elle des antennes en France ?

Le CA de RELIER réunit une dizaine de personnes très actives dans les différents projets. Nous avons également la chance d’avoir dans notre réseau une vingtaine d’adhérents très impliqués dans les actions de l’association. Ce sont ces personnes qui font le lien ailleurs localement, car nous n’avons pas d’antennes officielles.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées ?

Relier fonctionne en mode projet et travaille par cycle. Il y a donc des phases montantes, lorsque le projet se met en place, puis des phases un peu creuses, lorsqu’un chantier se termine et que la transition doit se faire avec un nouveau projet. Pour moi, il s’agit à la fois d’une difficulté, liée à l’instabilité relative de l’association, et d’un atout, par la souplesse et la capacité à se saisir de nouveaux sujets.

Les obstacles impliqués par ce type d’organisation nous invitent à réfléchir davantage sur les constantes de l’association – ses rôles et ses fondamentaux – que nous cherchons à mieux valoriser. Beaucoup de nos réflexions se concentrent sur le noyau dur de RELIER : comment s’associer à des projets à plus long terme ? Le travail de collaboration en cours avec la revue Transrural initiatives va dans ce sens…

Raphaël Jourjon : son parcours au sein de l’association

Il y a six ans, Raphaël Jourjon a rejoint RELIER en qualité de chargé de mission. Il travaillait alors sur un chantier thématique lié à l’habitat (habitat groupé, habitat léger, mobile…).

En 2014, il est devenu coordinateur de l’association, gérant ainsi le fonctionnement et les financements de l’association tout en continuant à s’impliquer sur les actions liées à l’habitat.

Pour en savoir plus

Propos recueillis par Marion.

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