éducation populaire/glossaire

L’éducation populaire, une éducation de tous par tous

Dès le siècle des Lumières, l’idée d’une éducation pour le peuple commence à émerger en France.

S’instruire pour s’émanciper

Dans son Rapport sur l’instruction (1792), Condorcet envisage l’éducation comme un outil d’émancipation sociale. Celui-ci défend l’instruction nationale qu’il définit comme un véritable « devoir de justice ». Ainsi le savoir ne doit pas être entre les seules mains d’une classe dominante. Son projet se caractérise notamment par l’égalité des âges et des sexes devant l’instruction, l’universalité et la gratuité de l’enseignement. Son programme va même jusqu’à proposer l’instruction pendant toute la durée de la vie : « on instruira le peuple des lois nouvelles, des observations d’agriculture, des méthodes économiques qu’il lui importe de ne pas ignorer. » Pour Condorcet, il s’agit également d’instruire « à s’instruire » : « on pourra lui montrer enfin l’art de s’instruire par soi-même, comme à chercher des mots dans un dictionnaire, à se servir de la table d’un livre à suivre sur une carte, sur un plan, sur un dessin, des narrations ou des descriptions, des notes ou des extraits. »

Premières organisations populaires

Mais ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que l’idée d’éducation populaire fleurit réellement. Le peuple lui-même la revendique. En même temps que naît et s’organise le monde ouvrier, plusieurs structures, proposant des cours aux adultes des milieux populaires, sont créées (l’association philotechnique, fondée à Paris en 1848, l’Institut Populaire de Paris, 1849). Les femmes, bien souvent complètement exclues de ces questions, commencent également à s’organiser. Elles s’expriment et mènent des réflexions au sein de clubs  : il s’agit à la fois de clubs mixtes, ouverts aux hommes, où le soutien masculin est toutefois souvent très faible, et de clubs réservés aux femmes comme La Société de l’éducation mutuelle des femmes. Eugénie Niboyet, journaliste et fondatrice de La Voix des femmes (journal et organisation), devient la porte-parole de ce mouvement féministe dédié à l’éducation et à l’émancipation des femmes au milieu du XIXe siècle.

Favoriser l’indépendance de pensée et d’action

Au XXe siècle, les structures d’éducation populaire se développent. Pendant l’occupation, de nombreuses associations d’éducation populaire clandestines sont fondées, comme Peuple et Culture. Dans son manifeste rédigé au sortir de la seconde guerre mondiale, l’objectif est clairement affirmé ; il s’agit « de rendre la culture au peuple et le peuple à la culture« . Héritiers des militants du Front populaire, les fondateurs de Peuple et Culture souhaitent mettre en place une culture commune à tout un peuple, à toutes les couches de la société, afin de garantir à chacun une indépendance de pensée et d’action. L’association n’a jamais cessé d’exister dès lors. Elle définit aujourd’hui son projet ainsi : « Peuple et Culture développe des démarches d’éducation populaire, favorisant l’éducation critique, l’autonomie, l’ouverture culturelle et interculturelle, la transmission des savoirs, le goût de l’expression et de l’action collective, de la créativité et du vivre ensemble. » L’association est d’ailleurs devenu un véritable réseau qui se déploie sur tout le territoire. La diffusion de cette éducation populaire passe notamment par la création d’espaces d’échange et de rencontres où s’inventent différentes façons de voir et de penser le monde et où l’art et la culture se mêlent étroitement.

Aujourd’hui les réseaux d’éducation populaire sont nombreux en France. Parmi les derniers fondés, on trouve notamment Le REP, Réseau d’Education Populaire (2012), lequel met l’accent sur la visée politique : l’éducation populaire et le travail culturel doivent permettre de « questionner le modèle politique d’aujourd’hui mais aussi celui qui pourrait le dépasser » , et d’avoir un regard critique sur le discours médiatique actuel « qui sème la confusion dans les esprits ».

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Au-delà de ces réseaux, des formes multiples d’éducation populaire existent :  ciné-débats, cafés-philo, NuitDebout… Tous ces espaces publics divers de conscientisation, de réflexion sur notre société et sur nos rapports humains participent de ce grand mouvement qu’est l’éducation populaire. Nous ne pouvons que vous encourager à y prendre part !

 

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