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Des médias participatifs et citoyens pour s’informer et se former: l’exemple de Fragil.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont facilité le développement de nouveaux médias en ligne qui permettent à toutes et à tous de contribuer à une information différente, libre et indépendante et d’offrir au public un nouvel espace d’expression et d’échange.

Informer autrement

La carte des alternatives de l’association Cap ou pas cap dont nous vous parlions la semaine dernière  recense quelques-uns de ces médias citoyens présents en France. La recherche dans l’index « s’informer autrement » donne 77 résultats, ces 77 réponses incluant les TV et les radios associatives. La recherche par mots-clés « journalisme participatif » renvoie, quant à elle, à 16 réponses.(*) Il s’agit dans la plupart des cas de supports en ligne. Ces médias proposent un contenu produit par des contributeurs variés, pas uniquement issus du monde journalistique.

De plus leur objectif est de mettre en lumière celles et ceux dont les médias « traditionnels » ne parlent pas, ou peu, et d’évoquer des sujets oubliés voire volontairement écartés. C’est également dans ce mouvement que Journalter souhaite s’inscrire.

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Sensibiliser et éduquer

Au-delà des objectifs de diffusion et de communication, il est intéressant de noter que ces nouveaux dispositifs d’information se donnent également souvent pour mission de sensibiliser et d’éduquer les publicsDe tels médias aspirent ainsi à participer non seulement à une transformation du paysage médiatique mais aussi à une transformation sociale et citoyenne. Le média Les mouvements Zéro, par exemple, fondé par Justine Davasse en 2015, se fait l’écho de pratiques et de comportements éco-responsables afin de sensibiliser ses lecteurs à la gestion des déchets et à la transition écologique.

Dans cette mission d’éducation, nous pouvons aussi évoquer Fragil, magazine associatif et participatif nantais créé en 2002. Fragil est aujourd’hui un acteur reconnu de l’éducation aux médias dans la région Pays de la Loire. Journalter a d’ailleurs eu la chance d’interviewer le rédacteur en chef du magazine, Merwann Abboud, afin d’évoquer le fonctionnement et les différentes réalisations de son association. Merwann Abboud a rejoint Fragil en juillet 2017.

fragil.jpgComment est né le magazine ? Pourquoi « Fragil » ?

L’association Fragil est née en 2002. A l’époque, seule une gazette était publiée en version papier. Elle avait la particularité d’être participative et citoyenne, entièrement alimentée par des articles rédigés par des contributrices et des contributeurs bénévoles. Lorsque le magazine a été fondé, une crise des intermittents secouaient le monde de la culture. De plus le journalisme culturel était également menacé. Les fondateurs ont donc choisi Fragil en référence à ces « crises », en enlevant le « e » pour des raisons esthétiques.

Quels sont les objectifs de Fragil aujourd’hui ?

Fragil se focalise sur l’éducation aux médias, aussi bien au niveau du magazine où le but est de faire monter en compétences les contributrices et contributeurs, qu’au niveau des ateliers que nous animons aux quatre coins de la région.

L’idée d’un média participatif est intéressant. Le comité de rédaction est-il lui aussi « mouvant » ? Y a-t-il tout de même un « noyau dur », des membres salariés à l’année ?

Nous sommes deux salariés en CDI à 35h. Nous sommes tous les deux dédiés à l’animation d’ateliers d’éducation aux médias. En tant que rédacteur en chef du magazine, je tente de libérer quotidiennement du temps pour gérer la communauté des contributrices et contributeurs. Les conférences de rédaction réunissent les contributeurs et contributrices disponibles le lundi à 18h, ce n’est donc jamais le même « groupe ». Cependant, il existe effectivement un noyau dur de contributeurs et contributrices qui écrivent régulièrement dans nos colonnes.

Quels sont les profils des rédacteurs ? Comment les formez-vous ?

Les profils de rédacteurs et rédactrices sont très différents. L’année dernière, nous avions une contributrice de 14 ans, collégienne, et un contributeur de 60 ans, prof de français. Nous avons pas mal d’étudiants en communication, des journalistes fraîchement arrivés sur Nantes et des bénévoles souhaitant s’adonner au journalisme. Nous les formons au cours de sessions que nous appelons les lunDIY (Do It Yourself). Ouvertes à tous et gratuites, ces sessions sont principalement des ateliers d’échanges de compétences. Nous avons donc une session sur l’écriture journalistique, une autre sur WordPress, sur la photo, sur l’interview… De plus, j’accompagne les contributrices et contributeurs dans l’écriture de leurs articles en leur apportant des conseils.

Qu’est-ce qui vous démarque fondamentalement des médias « classiques » ?

Notre fonctionnement, participatif et citoyen, nous démarque des médias classiques. Notre ligne éditoriale se concentre sur la culture et la société et nous permet de nous interroger sur la place de la première dans la seconde.

Au-delà du magazine, Fragil s’est donnée pour mission de porter des projets d’éducation aux médias. Quels sont ces projets ? Pour quels publics ? Et avec quels partenaires travaillez-vous ?

Nous animons des ateliers dans des écoles primaires, des collèges, des lycées et à l’université ainsi que dans des médiathèques, des centres de loisirs ou des espaces jeunes. Nous travaillons donc avec l’Education nationale et différentes structures, qu’elles soient associatives ou institutionnelles. Les projets vont du journalisme et de l’audiovisuel aux pratiques numériques. Nous pouvons monter un blog et apprendre à des jeunes à rédiger des articles, nous pouvons leur expliquer les différentes nouvelles écritures web que sont la cartographie numérique, les reportages en live tweet… et poursuivre la réflexion avec des ateliers sur les réseaux sociaux, sur l’empreinte numérique, sur le cyber-harcèlement, par exemple. Cela touche tout ce qui se rapporte aux pratiques numériques.


(*) à noter d’ailleurs que le média que nous avons interviewé, Fragil, et dont nous parlons dans cet article, n’y est pas encore inscrit.


Pour en savoir plus :

Le site de Fragil : culture, société, initiatives citoyennes et éducation aux médias

Sa page Facebook

Crédits photo : Alex Lang, Licence CC-by-sa
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