actions sociales/interview

Règles Élémentaires : collecter des produits périodiques pour les plus démunies.

Fondée en 2015, l’association Règles Élémentaires collecte des produits périodiques pour les femmes les plus démunies. Journalter a eu l’occasion d’interviewer Marine Creuzet, engagée dans la lutte contre les inégalités sociales depuis plusieurs années, et désormais bénévole de l’association, dont elle coordonne la communication depuis l’an dernier.

Comment est née l’association ?

« L’association a été fondée en novembre 2015 par Tara Heuzé-Sarmini qui a constaté, lors de ses études en Angleterre, que ce « secteur-là » y était déjà bien développé alors qu’en France, aucun organisme ne s’était vraiment occupé de la question. Il faut savoir effectivement que, dans le monde anglo-saxon, il est beaucoup plus simple de parler des règles et des budgets que cela représente. Il y a un peu plus d’un an par exemple, les écossais ont décidé de mettre gratuitement à disposition des protections périodiques dans les établissements scolaires. Si, en France, nous sommes la première association de ce type, au Royaume-Uni, plusieurs associations comme la nôtre existent déjà.

Chez Règles Élémentaires, plusieurs bénévoles s’occupent d’assurer la coordination sur le territoire, au-delà de Paris : à Marseille, Bordeaux, Strasbourg et Lyon. »

 

Quels sont ses objectifs ?

« Nous avons deux objectifs : le premier est de récolter le maximum de produits de protections périodiques car il y a énormément de femmes dans le besoin : les femmes dans la rue, dans les foyers, en situation de précarité… Même s’il est difficile de les évaluer précisément,  les besoins se chiffrent en millions par an. Le second objectif est de briser le tabou des règles et d’en parler de plus en plus, exactement comme nous sommes en train de le faire en ce moment. »

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Collecte de produits périodiques lors de l’Apéro Mens(tr)uel du 28 novembre 2018  organisé par l’association à l’occasion de ses 3 ans.

Comment expliquez-vous qu’en France, nous soyons si en retard par rapport à ces questions-là, notamment sur le problème du coût de ces produits d’hygiène intime qui sont pourtant une nécessité pour les femmes ?

« Ce serait compliqué de comprendre exactement pourquoi ; je pense que les facteurs sont multiples. Nous sommes certainement moins à même de parler du corps, des femmes et de leur intimité. Mais les choses bougent malgré tout : la thématique des règles n’est plus complètement un tabou, on en parle de plus en plus et cela devient un sujet écouté. Je reçois par exemple de temps en temps des jeunes filles qui viennent me voir parce qu’elles font un sujet ou un exposé dans le cadre des TPE (Travaux personnels encadrés) sur les règles au lycée. Je trouve cela très positif !  Il y a quelques années encore, en tant que lycéennes, on n’aurait jamais osé proposer un tel sujet. C’est par des petits marqueurs comme celui-ci qu’on se rend compte que les mentalités évoluent. Mais les besoins des femmes à la rue ou en situation de précarité en revanche ne diminuent pas. C’est encore extrêmement conséquent. »

Comment peut-on agir, en tant que particulier, pour vous aider ?

« L’idée de notre association, c’est que tout le monde peut participer aux collectes de protections périodiques. Chacun.e peut organiser une collecte, dans sa ville, qu’elle soit provisoire ou pérenne (c’est assez simple à mettre en place, en passant par notre site). Des commerçant.es, des soignant.es, des mairies, des établissements scolaires, des entreprises, des particuliers – nous avons par exemple une bénévole qui a mis en place une boîte de collecte lors de son mariage – bref, des centaines de personnes ont déjà participé ou prévu de mettre en place une collecte. »

Comment la distribution est-elle assurée une fois que la collecte a été réalisée ?

« Sur la redistribution, nous estimons que nous n’avons pas l’expertise au niveau du public visé ; nous ne voulons absolument pas remplacer les travailleurs sociaux ou court-circuiter leur travail. Nous nouons donc des partenariats avec des organismes redistributeurs : le SAMU Social,  la Croix-rouge, les Restos du cœur, par exemple. Ces associations nous font remonter leurs besoins et nous leur transmettons les produits. Ce sont eux qui sont en lien direct avec les personnes fragilisées et assurent ainsi la redistribution. »


La plateforme Ulule, qui souhaite mettre un coup de projecteur sur le secteur associatif, a sollicité Règles Élémentaires pour organiser cet hiver une campagne de crowdfunding. Les équipes d’Ulule ont ainsi accompagné l’association pour mettre en place la campagne. La collecte, qui permettra notamment de financer la construction des boîtes à dons – Règles Élémentaires reçoit en effet beaucoup de demandes de la part des entreprises et des institutions, et les boîtes permettent aussi de communiquer sur les règles et  l’association  – est ouverte jusqu’au 31 janvier. Si vous souhaitez y participer, c’est par ici .


Pour en savoir plus sur Règles Élémentaires :

Le site de l’association :

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Leur page Facebook | Leur compte Twitter

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Crédits photos : Règles Élémentaires | Crédits logo et affichettes : Fanny Claudon

Grand merci à Marine de sa participation à Journalter.

 

 

 

 

 

 

 

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