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Jeunesse féministe : entretien avec Les Anémones.

Ambitieuses et volontaires, les jeunes femmes d’aujourd’hui sont déterminées à se battre pour leurs droits et pour choisir, seules, ce qu’elles ont envie d’être. Souvent invisibilisées, les associations féministes sont cependant en grande émergence, y compris dans le monde étudiant. Engagées et audacieuses, Les Anémones ont accepté de partager avec nous un peu de leur temps afin de nous faire découvrir la vie et les combats de leur association féministe étudiante. Interview dans les coulisses des Anémones, situées sur le campus de l’Université Paul Valéry de Montpellier.

Qui se cache derrière « Les Anémones » ?

« Nous sommes un groupe de dix étudiant-e-s de diverses formations réuni-e-s autour d’un même engagement : le féminisme. »

Pourquoi avoir choisi cette appellation ?

« Nous voulions un nom qui permette à chacun-e de choisir sa propre interprétation, comme cela peut être le cas pour une œuvre d’art. De plus, nous aimions beaucoup ce terme car nous l’avions déjà utilisé dans un autre projet et sa signification reflète notre vision du féminisme : dans le monde sous-marin, les anémones sont à la fois très protectrices envers certains organismes et ne se laissent pas faire en cas d’agression.« 

Comment est née l’envie de créer cette association ?

« L’association est née après un séjour au Québec au cours duquel l’une des fondatrices avait aidé à monter un comité féministe étudiant et à organiser des événements culturels et artistiques pour sensibiliser au féminisme dans l’une de leurs Universités. A son retour en France, elle a eu envie de continuer ses actions en menant un projet similaire dans notre Université. »

Pouvons-nous dire sans craindre de nous tromper que vous êtes une jeune association avec des ambitions féministes fortes ?

« En effet, nous nous définissons comme une association culturelle et artistique féministe. Tous nos événements sont portés par l’ambition de sensibiliser au féminisme et aux luttes sociales en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. »

Comment s’organise le quotidien d’une association étudiante engagée comme la vôtre ?

« Notre engagement n’a pas d’effet sur l’organisation de l’association au quotidien, si ce n’est que nous sommes beaucoup plus vigilant-e-s sur ce que nous renvoyons, de sorte à n’oppresser aucun groupe à travers nos idées et nos propos. Sinon, nous organisons au moins un événement par semaine en variant les médias culturels (projections de films, clubs de lecture, ateliers de création artistique, etc). Nous nous réunissons deux fois par mois pour se répartir l’organisation des projets. Chaque membre peut apporter son aide sur la mise en place des événements mais aussi proposer des idées d’événements. »

Avez-vous rencontré des difficultés depuis la naissance de l’association ?

« Généralement, les personnes qui viennent à nos événements sont déjà sensibilisées à la cause ou sont dans une démarche de compréhension et de soutien plutôt que de contestation. C’est arrivé quelques fois de rencontrer des personnes en désaccord avec notre démarche, mais puisque notre but n’est pas de s’opposer à ces personnes, nous n’y faisons que peu attention. »

Vos diverses actions sont surtout dirigées en faveur des étudiant.es, pourquoi ?

« Tout simplement car étant nous-mêmes étudiant-e-s ou ancien-ne-s étudiant-e-s, nous organisons les événements auxquels nous aurions aimé avoir accès : des événements culturels, engagés et gratuits. Cependant, nos événements sont ouverts à tous-te-s et il nous est arrivé d’organiser des événements en dehors du campus de Paul Valéry, dans des cafés ou des librairies par exemple. »

Trouvez-vous encore utile de nos jours de mobiliser les étudiants sur ces questions ? 

« Selon nous, les étudiant-e.s sont déjà très engagé.es dans ce combat et nous avons d’ailleurs l’impression qu’ils ou elles le sont parfois bien plus que les personnes que l’on rencontre en dehors de l’Université. Mais malgré tout, oui, car le féminisme est un combat qui se joue maintenant et il est important de continuer à mettre en lumière ce sujet pour faire avancer les choses.« 

La littérature, le cinéma, sont-ils pour vous des outils pour sensibiliser vos camarades étudiants aux combats féministes ?

« Oui, et c’est toute la philosophie de notre association. Rendre le féminisme accessible à tous-te-s, c’est favoriser la projection d’un film, réfléchir ensemble sur des notions sociétales ou permettre à l’art de s’exprimer dans chacun.e de nous. Nous sommes pour la démocratisation du savoir et de l’art. Nous pensons également que le cinéma et la littérature construisent notre société. Il est désormais temps de rééquilibrer la balance et de laisser nos imaginaires se nourrir d’un art qui est le nôtre : féministe et engagé. »

Un dernier mot, au sujet de l’étymologie du nom « Anémone » lequel viendrait du grec ancien anemos qui signifie « vent »… ?

« Si chaque anémone apporte son petit souffle à la lutte féministe, nous arriverons un jour à partager nos idées avec le plus grand nombre. »

Propos recueillis par Magalie.


Pour en savoir plus :

La page Facebook de l’association sur laquelle vous trouverez le calendrier des événements à venir.

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